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À quelques jours du nouveau Mondial de l’auto, la voiture électrique apparaît comme la solution miracle pour alléger le lourd impact écologique des transports. Métaux rares, pollution de l’air et effets rebonds… cette technologie n’est pourtant pas toute verte sous le capot.
Le marché du véhicule particulier est en pleine transformation et entame une phase d’électrification massive. Si l’électrification du parc (actuellement constitué de près de 40 millions de véhicules en France) est l’un des leviers incontournables pour atteindre la neutralité carbone en 2050, elle n’est pas suffisante pour que cette transition[…] Plus de détails
[VOLET 3/3] — Pour vanter son supposé caractère écolo, les promoteurs de la voiture électrique s’appuient sur des performances inexistantes. Surtout, ils la placent au cœur d’un système de mobilité centré sur la voiture autonome, donc l’intelligence artificielle.
Les voitures électriques ne sont pas la panacée contre la pollution de l’air. Tel est le résultat d’une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) publiée fin avril. Contrairement aux véhicules thermiques, les voitures électriques n’émettent ni oxydes d’azote, ni dioxyde de carbone, ni composés organiques volatiles. Elles émettent en revanche une quantité importante de particules fines. La cause : le poids important de leurs batteries, qui contraint les constructeurs à utiliser des pneus plus larges. En frottant sur la chaussée, ces derniers émettent des PM10 (des particules d’une taille inférieure à 10 micromètres), qui finissent leur course dans les poumons des riverains au péril de leur santé.
Le bilan carbone de la fabrication d’une bicyclette est cinquante à quatre-vingt fois plus faible que celui d’une voiture. A l’usage, il émettra entre 500 et 700 fois moins de polluants qu’un véhicule thermique.
Quand EuroNCAP prive d’étoiles la Zoé et n’en accorde qu’une seule à la Spring, Renault n’a pas volé sa fessée. Et pourtant, il serait temps de s’interroger sur le bien-fondé des crash tests et ce qu’ils impliquent.
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Utopie ? L’utopie, à mon humble avis, consiste à croire que nous continuerons à nous déplacer seuls dans des voitures consommant autant d’énergie pour parcourir cent kilomètres qu’il n’en faut à une famille pour se chauffer et cuisiner pendant trois jours.
Le Réseau Action Climat, la Fondation Nicolas Hulot, le WWF, France Nature Environnement et le Cler publient un document d'analyse des conditions de développement soutenable du véhicule électrique en France.
En 2020, au niveau mondial, seule une voiture neuve sur 50 était électrique. Même si chaque nouvelle voiture sortant aujourd’hui des usines était électrique, il faudrait encore 15 à 20 ans pour remplacer le parc automobile mondial fonctionnant grâce aux combustibles fossiles.
A medium-sized electric car bought today is already the most financially interesting solution over the car’s lifetime, research by BEUC and nine of its national member organisations1 reveals. Our research also finds that electric cars are the most ‘equitable’ engine on the market.
A poids et puissance identiques, le véhicule électrique, en France, émet trois fois moins, fabrication comprise, que son équivalent essence ou diesel. Le gain par rapport au thermique est désormais aussi une réalité dans les autres pays d'Europe si l'on prend en compte que, sur la durée de vie d'un véhicule acheté aujourd'hui (10 ans), la production électrique se décarbone.
Alors que les émissions mondiales de carbone liées à l’énergie ont diminué l’année dernière en raison des conséquences de la pandémie de Covid-19, un secteur a vu ses émissions augmenter en 2020 : les « véhicules utilitaires sport » (SUV), observe l’Agence internationale de l’énergie dans une note publiée le 15 janvier.
Publiée par Carbone 4, une récente étude dresse le bilan des différentes technologies alternatives dans le domaine automobile. Dans une approche cycle de vie, l’électrique reste à la première place quel que soit le mix énergétique utilisé.
Une startup aixoise prépare une technologie révolutionnaire de batteries qui pourraient équiper les véhicules électriques dans le futur.
Les ventes de véhicules hybrides rechargeables grimpent en flèche en Europe, mais des tests effectués sur les plus récents modèles confirment qu’ils polluent bien plus que ne l’affirment les constructeurs automobiles – même avec un démarrage à batterie pleine. Lors de tests en conditions réelles, les émissions de CO2 de trois des modèles les plus populaires en 2020 ont dépassé ce qui avait été annoncé, à l’instar des recherches sur d’anciens VEHR [1]. Transport et environnement (T&E), qui a commandé ces tests, estime que les gouvernements doivent mettre fin aux subventions à l’achat et aux généreuses exonérations d’impôts destinées aux hybrides rechargeables, qui alimentent un nouveau scandale lié aux émissions.
- Grâce aux normes européennes, la part de marché des voitures électriques (VE) se situe autour de 10 % des ventes en Europe et s’élèvera à 15 % en 2021
- Mais des objectifs laxistes pour 2025 et 2030 feraient stagner les ventes de VE pendant une décennie
- Les parcs automobiles de BMW, de PSA, de Volvo et de FCA-Tesla sont déjà conformes aux objectifs de 2020 dès le S1
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Fait inquiétant, les ventes de SUV, lucratifs mais très polluants, ont grimpé de 39 % au premier semestre 2020. Ce phénomène trouve son origine dans une faille de la réglementation européenne qui permet aux constructeurs automobiles de revoir à la baisse leurs objectifs d’émissions de CO2 lorsqu’ils vendent des véhicules lourds. Par ailleurs, la moitié des VE vendus aujourd’hui sont des hybrides rechargeables « faussement électriques », rarement rechargés, qui émettent 2 à 4 fois plus de CO2 en conditions réelles que pendant les tests en laboratoire. T&E somme l’UE de fixer à 2035, au plus tard, le retrait de la vente des véhicules à moteur à combustion – y compris la technologie hybride rechargeable actuelle.
La voiture électrique serait le « véhicule propre » par excellence, celui qui permettrait de conserver le même mode de vie tout en prenant soin de la planète. La réalité est tout autre, comme le montre l’enquête de Reporterre, dont nous compilons ici les trois volets. Émissions de gaz à effet de serre, frénétique consommation de minerais et « révolution » des mobilités sous l’emprise du « big data » et de l’intelligence artificielle, la promesse d’un monde meilleur est surtout celle d’un enfer écologique.
The lifecycle emissions figures were revised to reflect more recent data on electricity carbon intensity and battery manufacture.
Pour vanter son supposé caractère écolo, les promoteurs de la voiture électrique s’appuient sur des performances inexistantes. Surtout, ils la placent au cœur d’un système de mobilité centré sur la voiture autonome, donc l’intelligence artificielle.
[VOLET 2/3] — Grosse émettrice de gaz à effet de serre, la construction des voitures électriques consomme aussi une très grande quantité de métaux. Lithium, aluminium, cuivre, cobalt… le boom annoncé de la production de « véhicules propres » réjouit le secteur minier, l’un des plus pollueurs au monde, et promet un enfer aux populations des régions riches de ces matières premières.
[VOLET 1/3] Promue sans la moindre réserve par les industriels et les politiques, l’auto électrique serait le véhicule « propre ». Or, comme le montre Reporterre dans une grande enquête, de la production des batteries à leur durée de vie, en passant par le renouvellement du parc , le poids des véhicules et leur usage, le caractère écolo de l’auto électrique n’a absolument rien d’évident. Premier volet : qu’en est-il des émissions de gaz à effet de serre ?