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Le 28e sommet international sur le climat a accouché mercredi 13 décembre d’un texte qui contient un signal politique vers la sortie des énergies fossiles. Mais celui-ci est truffé d’éléments de langage dictés par les lobbyistes du pétrole.
La COP28 à Dubaï vient de se terminer et c’est l’heure du bilan. La présidence de la COP a annoncé un accord historique, mentionnant les énergies fossiles. La presse française s’est immédiatement emparée de la nouvelle en en faisant un gros titre, reprenant mot pour mot la communication de la présidence de la COP28. Mais le diable se cache dans les détails. Et ici, il y a beaucoup de détails.
Les Etats participant à la conférence mondiale sur le climat ont approuvé un texte de compromis appelant à abandonner progressivement les combustibles fossiles afin d’éviter les pires conséquences du changement climatique.
La COP28 a évité l’échec, au terme d’une nuit blanche de négociation. L’accord mentionne la « transitions hors des énergies fossiles ». Mais sans date ni obligation.
Malgré les appels de l’ONU, le compromis proposé lundi par la présidence émiratie ne mentionne que « la réduction de la consommation et de la production des énergies fossiles », au grand dam de nombreux défenseurs du climat.
Le projet de texte proposé par la présidence émiratie de la COP28 ne parle pas de la fin des énergies fossiles. Il est rejeté par les Européens, les ONG, et les États menacés par la montée des eaux.
Qu’appelle-t-on le « réchauffement climatique » ? Quelles sont ses causes et ses conséquences ? Quels sont les principaux gaz à effet de serre ? Qui émet le plus dans le monde ? Reporterre explique ce phénomène crucial pour l’avenir de l’humanité, en six points.
L'Observatoire Défense & Climat publie une nouvelle note d'analyse prospective consacrée à la géo-ingénierie solaire. Quels sont les pays qui misent sur ce type de projets, et quels enjeux sécuritaires et stratégiques ces techniques de modification du climat soulèvent-elles ?
Une publication de la revue "Science" retrace les niveaux de CO2 depuis 66 millions d'années avant notre ère jusqu'au réchauffement climatique d'aujourd'hui avec une précision inédite.
La lettre est adressée aux 13 membres de l'organisation, dont l'Irak, l'Iran, les Emirats arabes unies, qui président cette année la conférence climatique des Nations unies.
L’organisation des pays exportateurs de pétrole a écrit à ses membres pour leur demander le rejet d’un accord ciblant les énergies fossiles à la COP28. Agnès Pannier-Runacher fait part ce samedi 9 décembre de sa colère.
Conflits d’intérêts, mélange des genres, lobbying décomplexé : les pays pétroliers n’ont pas seulement avancé leurs pions à la COP28, ils ont voulu démolir la crédibilité du multilatéralisme onusien sur la question climatique, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.
Si quelqu’un a placé une bombe à retardement dans votre maison, vous êtes en droit de la débrancher et de la détruire. Il en va de même pour notre planète. Formulé en 2021 par le chercheur et activiste Andreas Malm, ce constat reste plus que jamais valable au moment où s'achève la COP28 à Dubaï.
Comment voyager sans polluer ? C’est une question que se posent de plus en plus de personnes. Et au-delà, de celles qui se préoccupent de l’empreinte carbone de leurs voyages, le problème se pose plus globalement, pour notre société toute entière.
Car si nous voulons préserver nos conditions de vie futures et empêcher l’emballement climatique, nous devons diviser par 2 nos émissions mondiales d’ici à 2030 par rapport à 1990. Ce qui suppose une transformation radicale de nos sociétés qui passera aussi par une remise en question de nos façons de voyager. Aujourd’hui, l’avion est le mode de transport le plus polluant du fait des distances parcourues. Et pourtant, on le prend de plus en plus souvent sans y réfléchir. Rien qu’en France, les émissions de l’aérien représentent l’équivalent de 5,3 % des émissions globales, soit 2 fois plus qu’il y a 30 ans. Dans ce contexte d’urgence écologique, de plus en plus d’appels se multiplient donc pour réduire drastiquement l'usage de l’avion et limiter l'empreinte carbone du secteur. À l’image de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici et sa proposition choc de mettre en place un quota de 4 vols en avion dans une vie. Alors pourquoi faudrait-il limiter l’usage de l’avion pour respecter l’accord de Paris ? Peut-on vraiment croire aux belles promesses d’un avion vert ? Et comment conjuguer l’envie de voyager et la préservation de notre planète ?
Réponses tout de suite dans ce décryptage de Paloma Moritz.
La société de conseil McKinsey s’est imposée comme un acteur incontournable du débat climatique. Pour le chercheur Édouard Morena, elle contribue à présenter le capitalisme vert comme « unique horizon bas carbone possible ».
Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) d’origine fossile augmenteront de 1,1 % en 2023, les portant au niveau record de 36,8 milliards de tonnes de CO2. C’est la conclusion du 18e rapport annuel du Global Carbon Project sur l’état du budget carbone mondial, que nous avons publié aujourd’hui.
Rien que ces derniers mois, le gouvernement français :
➡️ A fait raser des arbres pour construire une autoroute dans le Sud-Ouest de la France, en réprimant les opposants au projet
➡️ A prolongé l’usage du Glyphosate
➡️ Emmanuel Macron a réclamé «une pause» dans la réglementation européenne sur les normes environnementales
➡️ Il a boycotté un sommet pour protéger l’Amazonie
➡️ Il a encouragé la chasse
➡️ Il a décoré le PDG de Total qui multiplie les projets écocidaires
➡️ Il a autorisé de nouveaux projets pétroliers
➡️ Il a tenté de dissoudre les Soulèvements de la Terre, plus grand mouvement écologiste du pays…Mais : il se met en scène en train de planter un arbre !
L’étude annuelle 2023 référence du Global Carbon Project (GCP) vient d’être publiée et elle n’apporte pas que des bonnes nouvelles. Les émissions mondiales de carbone provenant des combustibles fossiles ont de nouveau augmenté en 2023, pour atteindre des niveaux records. Le bilan de carbone mondial annuel prévoit des émissions de dioxyde de carbone fossile (CO2) de 36,8 milliards de tonnes en 2023, en hausse de 1,1 % par rapport à 2022. En y ajoutant les émissions de changement d’usage des terres (principalement la déforestation), les émissions atteindraient même 40,9 milliards de tonnes en 2023.
Ces derniers mois, les majors pétrolières sont revenues sur leurs engagements pour la transition écologique. Sultan al-Jaber, à la tête du sommet international sur le climat de Dubaï, a soutenu, à rebours de la science, qu’il n’y avait aucun scénario prouvant que la fin des énergies fossiles sauverait le climat.
C'est un mécanisme obscur mais aux ravages bien réels. Créé dans les années 60, le "règlement des différents entre investisseurs et États" (RDIE) s'est transformé en obstacle majeur pour le climat. Des investisseurs peuvent en effet réclamer des sommes astronomiques à des États dès que leurs intérêts se trouvent fragilisés. C'est ce que dénonce un rapport très détaillé de l'Onu qui appelle les États à se retirer unilatéralement de ces accords.